
« Comment est né RPS Boxe en 1986 ».
Mes débuts avant RPS BOXE
J’ai commencé la Boxe française à 16 ans en 1974 à la SCBF de Clichy sous-bois. Le professeur était Mr Vasserot.
La méthode militaire enseignée ne comportait quasiment pas de poings dans la fédération de Boxe Française . Ce n’est qu’après la réunification avec la fédération de Savate que la nouvelle fédération poing pieds est née : FFSBF et DA
Ci dessous le fameux coup de pied bas spécifique à la Boxe Française Savate.

En 1977 j’ai fait mon service militaire à l’Ecole Interarmées des Sports (le Bataillon de Joinville).

J’y ai rencontré André Panza , Hervé Bruandet , Jean Marie Jecker et Michel Mouth en ce qui concerne la Savate.
En sortant de l’EIS, j’ai travaillé 5 ans à la BNP en tant que caissier principal.
Le soir je préparais l’examen du Brevet d’Etat à la maison car j’étais très motivé pour enseigner.
Moniteur en 1980, Gant argent technique en 1981 et Brevet Etat 1er degré en 1983.
J’ai repris le club SCBF à Clichy sous bois dans la foulée et ouvert celui de Courtry Boxe Française en 1982 dans une salle de classe de l’école Michel Lefevre.
Vidéo de Boxe Française avec Jean Henri Caul Futy
J’ai aussi enseigné plusieurs années au Cercle Bergounioux (face à la gare du Raincy). J’y ai eu plusieurs élèves qui sont toujours entraineurs de Savate à ce jour.
Le début de l’aventure (1986)
En 1974 lorsque j’ai commencé la boxe, il n’y avait que des gants Français en cuir bourrés au crin de cheval de la marque Zinszner
A l’époque je revendais à mes élèves des gants et équipements de boxe que j’achetais chez Sport 7, SDI, ou RD Boxing.
Mais le virus du voyage m’avait déjà contaminé et j’avais été plusieurs fois en Thaïlande et en Asie. Cours de boxe dans un village à Hikkaduwa (Sri Lanka) en 1986.

On avait déjà discuté avec ma famille de la marque sous laquelle je pourrais diffuser mes équipements.
Les débuts avec WINDY SPORTS
On a choisi RPS (Roche Pascal Sport) BOXE. La marque au cobra !

J’ai obtenu en France l’adresse du fabricant thaïlandais WINDY à Bangkok.
J’ai envoyé au directeur Somchai Wonprasetkarn une belle lettre en anglais disant que j’étais prêt à lui commander 1000 paires de gants (oui mille ! ça fait beaucoup, mais je voulais qu’il me prenne au sérieux). Il m’a répondu que je pouvais venir le voir à Bangkok et je suis parti seul à la Toussaint passer 10 jours là-bas.
A l’époque, pas de téléphones portables ni email. Il est passé me voir dans mon hôtel juste à côté de la gare de Hua Lampong.
On a parlé pendant 1 heure et il m’a promis des échantillons de gants que j’avais imaginé différents de ceux de RD Boxing qui travaillait déjà avec lui pour éviter les problèmes.
Ensuite je suis parti 5 jours sur l’ile de Koh Samet en attendant qu’il prépare mes gants.

En rentrant il est venu me chercher et m’a emmené chez lui dans la banlieue de Bangkok.
Il vivait avec sa famille dans une grande maison traditionnelle en bois sur pilotis. Il avait repris la société WINDY après des soucis de santé de son père qui vivait toujours avec lui. Il devait avoir 23 ans.
Sous la surface totale de la maison était installé sa fabrique, c’était assez grand mais il n’y avait pas de murs, juste la maison au-dessus qui servait de toit.
Il y avait une dizaine d’ouvriers, des machines et des matières premières. Je n’avais jamais vu une fabrique à la maison, c’est peut-être pour ça que j’ai voulu moi aussi avoir la boutique à domicile.

A mon retour , j’ai validé les échantillons et je suis rentré en France . J’ai ouvert un « Crédit Documentaire » Engagement de banque à banque .
Afin qu’il soit lui , sûr d’être réglé et moi sûr d’être livré .
Ensuite la fabrication a pris plusieurs mois , le transport 5 semaines , et c’est ainsi que je me suis retrouvé avec mille paires de gants RPS BOXE à vendre .

D’abord il a fallu trouver de la place pour les stocker puis en vendre auprès de mes élèves mais aussi dans les autres clubs. Heureusement les gants étaient de qualité.
Le seul moyen pour moi de trouver des clients était de passer des 1/4 ou 1/2 pages de publicité dans des revues spécialisées comme KARATE BUSHIDO ou UPPERCUT.
Il n’y avait pas internet à l’époque donc il a fallu que j’étoffe mon offre avec des protections, du textile et tout ce qui va avec. J’ai commencé à me fournir en France puis les Pakistanais sont venus me démarcher.
Contrairement aux Thaïs qui ne bougent pas de chez eux mais qui maitrisent bien le matériel de boxe, les commerçants pakistanais ne connaissaient pas grand-chose à la boxe mais savaient copier et voyageaient pour trouver des clients.
Donc dans les années 1990, tout s’est accéléré.
La suite avec THAISMAI
J’ai changé de fournisseur Thaïlandais : THAISMAI à la place de WINDY

A Bangkok avec la directrice de Thaismai : Laksana Kupyapun

J’ai passé ma 1ere commande au Pakistan chez KAPUR pour des gants, des kimonos et des punchingballs et en 1992 chez SEKIZAI SANGYO à Taiwan pour des protections, des casques puis par la suite pour des nunchakus, des étoiles ninja et des écussons brodés.
Pourquoi des nunchakus ? j’en avais importé spécialement pour un dépôt vente chez une cliente à Paris qui en vendait beaucoup.( c’était l’époque Bruce Lee ). Un jour elle me téléphone en panique et me dit que les huissiers vont venir chez elle pour saisir son stock ( et le mien par la même occasion ) . Une demi heure plus tard j’étais sur place pour récupérer mes nunchakus qu’il a bien fallu vendre par la suite . Comme c’était en vogue à l’époque , j’en ai recommandé .
C’est un produit totalement passé de mode actuellement.
J’ai travaillé avec 11 fabricants pakistanais parmi les centaines existants , tous de la ville de Sialkot. Fabricants , sous traitants , intermédiaires ? impossible de savoir vraiment .
Création du premier site web RPS BOXE
Dans les années 1996 environ , un ami qui travaillait pour « Le Figaro » me propose de me faire un site internet !??
Je ne comprenais pas ce dont il parlait , je n’avais pas de PC et jamais tapé sur un clavier . Il m’a dit : donne moi des photos de tes articles et du texte et je m’en occupe.
Quelques mois plus tard , il m’a mis l’ébauche de mon 1er site web en ligne .
Il a fallu que je m’achète un PC et que je m’y mette de suite sérieusement car les coups de téléphone ont commencé à affluer .
Il n’y avait pas de paiement en ligne mais les données étaient cryptées en passant par les USA et avec un terminal carte bancaire ça faisait l’affaire.
Je crois que j’étais un des seuls à l’époque à être sur le web mais les concurrents ont commencé à se presser et je me suis mis à essayer de comprendre le référencement
Google : comment être le 1er sur les bons mots clé .
J’ai fini par devenir compétent en faisant des tests et en vérifiant le résultat 2 semaines plus tard lorsque Google était repassé dessus.
Par la suite tout ça m’a apporté de belles opportunités.
Les gros clients :
Un jour dans les année 89 le responsable de l’écurie RMO BOXE Gérard Teysseron me téléphone et me demande de passer le voir à Pantin à coté du siège de la Fédération Française de Boxe avec des échantillons de gants et de casques.
Le soir après mes cours , je passe le voir au bar de l’hôtel ou il résidait avec des échantillons de gants et de casques Made in Thailand .
Le courant passe et il me commande une belle quantité de gants et casques cuir marqués RMO .

Ces gants équiperont la Team de l’époque avec notamment René Jacquot qui prendra le titre de champion du monde face à l’américain Donald Curry.

J’avais commencé a vendre en France quelques rings de boxe qui étaient fabriqués en Europe de l’est .
Un jour une personne me téléphone et me donne rendez vous pas loin de chez Tang Frères à Lognes .
Il me dit que son père est un haut fonctionnaire de Ho Chi Minh ville au Vietnam et qu’il l’a chargé de commander un ring de compétition pour les jeux d’Asie du Sud Est l’année suivante.
Après un bon repas local , l’affaire est conclue . le ring est commandé et livré 3 mois plus tard .
J’ai rencontré quelques autres personnes hors normes « client classique »
Une autre fois, une personne me téléphone de Belgique, on va l’appeler « le marchand d’armes » car il était fournisseur entre autres de l’armée et avait un appel d’offre à leur faire.
Je vais donc le voir à Bruxelles , je ne sais plus ce qu’on a mangé mais je suis reparti avec une grosse commande de paires de chaussures de boxe , de boucliers géants résistants aux Rangers et autres équipements pour l’entrainement des soldats.
